Le Gauchemar continue

Le Gauchemar continue

Peu importe vos croyances et vos opinions politiques, peu importe votre orientation sexuelle et votre âge, peu importe le nombre de qualités et de défauts que vous détenez, peu importe vos qualifications et vos expériences, peu importe d’où vous venez et où vous souhaitez aller, tôt ou tard la bien-pensance aura votre peau. Que ce soit dans votre vie professionnelle ou votre vie privée, voire les deux !

Plus le temps passe et plus les jours se ressemblent (hélas) au sein de notre pays. En effet, l’actualité nationale et ses divers sujets qui la composent le démontre de manière implacable. Et avouons-le, cette ambiance nauséabonde que nous subissons quotidiennement n’est guère réjouissante.

Courant octobre 2024, j’ai lu le « Figaro Magazine » qui mettait en avant le portrait fort intéressant de la philosophe et écrivaine Julia de Funès. Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, elle intervient régulièrement à la radio et sur les plateaux de télévision pour alerter sur les dérives qui impactent aujourd’hui les entreprises. À titre d’information, elle a publié son dernier livre « La vertu dangereuse : les entreprises et le piège de la bien-pensance » aux « Éditions de l’Observatoire ».

Dans son interview, elle évoque l’omniprésence au sein des organisations d’initiatives visant à accroître le bien-être de chaque collaborateur. Une pratique louable sur le papier qui a le mérite d’être actionné au sein de toute société. Cependant, il n’y a jamais eu autant de salariés malheureux dans leur milieu professionnel. À noter que le taux d’absentéisme est aux alentours des 27 % en 2023, et que les salariés sont de plus en plus absents de leurs postes de travail sur le long terme (c.f article du magazine « Capital » à mettre en lien). En outre, les dépenses liées aux arrêts maladie sont en hausse de 8 % au premier semestre 2024. Et je ne vais pas parler ici du burn-out ou encore du « quiet-quitting » (démission silencieuse qui vise à faire le strict minimum au travail) qui sont en plein boum !

Dans la vidéo ci-dessus où elle débat en compagnie du rédacteur en chef du magazine « Frustration » Nicolas Framont, Julia de Funès alerte sur les abus de la vertu qui peuvent avoir des conséquences négatives. Elle souligne, à juste titre, que l’égalitarisme excessif peut mener à une forme d’indifférenciation, où toutes les opinions sont considérées comme équivalentes, ce qui nuit à la reconnaissance individuelle. Les valeurs qui devraient renforcer notre société peuvent se retourner contre nous, transformant nos forces en faiblesses dans le contexte professionnel.

Par ailleurs, saviez-vous que certaines entreprises françaises ont créés des postes de « Chief hapiness officer » ? En français, cela pourrait se traduire par « Officier en chef du bonheur ». Alors non, vous ne rêvez pas ! Sa mission consiste à évaluer l’ambiance au bureau tout en veillant à l’épanouissement de chacun, avec l’aide ou non de l’intelligence artificielle. Une preuve supplémentaire des dérives innombrables du wokisme ambiant qui prédomine notre monde. À force de trop vouloir en faire, on ne fait strictement rien de bon…

Il y a un autre point qu’elle soulève avec raison dans son interview écrite, et que je souhaite également aborder, c’est l’apparition florissante de coachs en tout genre, principalement sur les réseaux sociaux comme Instagram ou LinkedIn. Que ce soit en matière de perte de poids, de remise en forme physique, de parentalité, ou encore de séduction, il est très simple pour un utilisateur lambda de trouver une personne répondant à ses besoins sur Internet. Bien entendu, certains partagent leur expérience (plus ou moins longue) et donnent de très bons conseils à l’aide de vidéos, newsletters ou des ebooks. Mais ces coachs sérieux sont assez rares et on peut tomber facilement sur des charlatans qui ont pour seul objectif : vous soutirer le maximum d’argent. C’est pourquoi la vigilance doit être appliquée à chaque instant. Et il faut se dire la vérité, parfois nous avons nous-mêmes les solutions à nos problèmes ! Pourquoi donc gaspiller votre argent ?

Revenons à nos moutons ! Aujourd’hui dans les entreprises, il est impossible de remettre en question le management imposée par la direction. Si vous essayez de remettre en question la parité, l’inclusion, ou toute autre folie wokiste, vous risquez sérieusement le bagne. Voici ce qu’elle dit à ce sujet et qui est terrible de vérité : « Ne pas afficher un optimisme béat face aux modes managériales est immédiatement perçu comme un conservatisme têtu. » Ce propos résume à lui seul l’état d’esprit qui règne dans nos sphères professionnelles. Et cela peut avoir des répercussions néfastes pour les collaborateurs, tant dans leur moral que dans leurs performances quotidiennes.

Ce n’est pas parce qu’il y a autant d’hommes et de femmes à certains postes qu’ils sont égaux pour autant. Quid du salaire et des avantages que possèdent les hommes en entreprise (et ne possèdent pas les femmes) ? Autant il y a des salariés qui bénéficient légitimement de ces nouvelles réglementations, autant il y a des abus et certains en profitent pour obtenir le maximum de compensations financières ou d’autres avantages.

C’est la raison pour laquelle il est important de savoir placer le curseur à un certain point, sans tomber dans une quelconque forme d’excès en évitant toute dérive de collaborateurs malsains. La victimisation à outrance, dont jouissent certaines mauvaises personnes, mêmes dissidentes, n’apportera que des malheurs et pourrait même paralyser toute entreprise pensant bien faire.

Maintenant, la question qui mérite une réponse claire et précise : est-ce que l’intelligence collective majoritaire triomphera de la « bonne conscience » woke minoritaire ? Seul l’avenir nous le dira…

Mickaël MAIA

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