L’ARCOM censure C8 : quand la liberté d’expression est en danger en France

Voilà mes chers amis, les petits hommes gris ont encore frappé ! Et cette fois, ce sont plus de 400 personnes qui sont directement concernées. La cible de la bien pensance ? C8 !

Dans un contexte où le paysage audiovisuel est redessiné par des décisions administratives controversées, la fermeture de C8 par l’ARCOM représente bien plus qu’un simple bouleversement du paysage télévisuel. Elle constitue une véritable atteinte à notre droit fondamental de débattre, de s’informer et de s’exprimer librement. La France, ce pays toujours démocratique ?

C8 : Un symbole d’expression libre et de pluralisme

La liberté d’expression est l’un des piliers fondamentaux de notre démocratie. Et depuis près de 20 ans, C8 (autrefois D8 et Direct 8) s’est imposée comme une chaîne pionnière de la TNT dans ce domaine, offrant un mélange unique de divertissement et de débat public. Grâce à des émissions emblématiques telles que « Touche Pas à Mon Poste » (le premier talk-show de France), « Chez Jordan » ou encore « Face à Hanouna », C8 a su créer un espace où la diversité des opinions et la confrontation des idées sont encouragées. Cela a permis à la chaîne de fédérer une audience de plus de 47,3 millions de téléspectateurs (et 3,1 % de PDA) pour le mois de janvier 2025, témoignant ainsi de son importance dans le paysage audiovisuel français.

Au-delà de sa programmation, C8 se distingue par son engagement en faveur de l’accessibilité et de la représentation. En effet, la chaîne a toujours œuvré pour une diversité qui englobe les personnes en situation de handicap, une représentation équilibrée des femmes et la mise en lumière de talents issus de tous horizons. Ce positionnement audacieux a permis à C8 de devenir un modèle de création audiovisuelle.

« Sous couvert d’une intervention prétenduement salvatrice, cette décision déconnectée prive les Français d’une chaîne ancrée dans leur quotidien, et isole encore davantage ceux qui avaient trouvé en C8 un moyen de se rapprocher du tissu culturel commun »

Gérald Brice-Viret, Directeur Général de Canal+, dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux

Une décision administrative qui menace le débat public

Pour rappel, l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) est née de la fusion du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) et de la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur
l’internet). Cette institution de l’État est garante de la liberté de communication et veille au financement de la création audiovisuelle et à la protection des droits. De plus, sa régulation s’étend aux plateformes en ligne (réseaux sociaux, moteurs de recherche, etc).

La décision de l’ARCOM de ne pas renouveler la fréquence de C8 (et de NRJ12 n’oublions pas !) repose sur des critères présentés comme une volonté de garantir le respect de certaines obligations déontologiques. Toutefois, derrière ce discours se cache une logique nauséabonde qui semble davantage orientée par des considérations politiques que par l’intérêt réel du public. En sanctionnant une chaîne aussi populaire et appréciée des Français, l’ARCOM envoie un signal inquiétant : celui d’un contrôle excessif qui pourrait, à terme, faire taire des voix dissidentes et appauvrir le débat public.

Par ailleurs, cette entité de l’État a sanctionné cette chaîne de télévision avec de lourdes amendes pour un total de plusieurs millions d’euros, sans justifier et expliquer réellement la raison de ces sommes astronomiques. En 16 ans, l’ARCOM a pris 35 sanctions à l’encontre de C8 (17 mises en garde, 7 mises en demeure, 11 sanctions pécuniaires). La plus lourde sanction à l’encontre de C8 est de 3,5 millions d’euros, qui fait référence à la scène où Cyril Hanouna insulte Louis Boyard. À titre de comparaison, l’animateur vedette de C8 a été condamné par la justice française à 4 000 euros d’amendes concernant les insultes envers le jeune député de la France Insoumise (LFI).

La fermeture de C8 ne se limite pas à la disparition d’un canal de télévision : elle marque la fin d’un modèle économique et culturel qui a permis à des centaines de professionnels (des collaborateurs, des sociétés de production et des techniciens) de travailler ensemble pour offrir un contenu à la fois divertissant et stimulant. L’arrêt de cette chaîne représenterait donc une perte considérable, tant sur le plan de l’emploi que sur celui de la diversité des idées.

« En France, dans une démocratie occidentale avancée, il est légal de fermer une chaîne de télévision. […] Jamais je ne me réjouirai qu’une chaîne puisse fermer. […] Les célèbres petits hommes gris ont inventé un nouveau mot pour censure, ils disent régulateur. On ne censure plus, on régule. C’est la même chose mais le mot sonne plus doux aux oreilles du bon peuple. »

Pascal Praud, journaliste de CNews, dans son émission ‘L’heure des Pros ».

Les enjeux d’un débat public fragilisé

Au cœur de cette polémique se trouve la question du pluralisme, pierre angulaire de toute démocratie. En réduisant le nombre d’espaces médiatiques sur la TNT, on limite la capacité du public à accéder à une multitude de points de vue. La suppression de C8 serait l’aboutissement d’une logique qui privilégie la conformité et le politiquement correct au détriment de l’authenticité et du débat.

Faites attention les prolos ! Vous n’avez pas le droit d’exprimer vos opinions ou de regarder le programme télévisuel de votre choix. L’État omnipotent et obnubilé par sa bêtise profonde est le seul à décider de ce que vous devez regarder, penser, dire, faire. La bien pensance, celle qui vit dans ce microcosme bobo où les petits hommes gris sont dans l’entre-soi, les fameux « Bac +10 et 30 ans d’expériences professionnelles » (comme j’aime bien les appeler ainsi), a eu raison de vous. Et la prochaine cible sur sa liste n’est autre que la chaîne CNews. Ce n’est qu’une question de temps…

Il est impératif de se rappeler que la liberté d’expression ne se résume pas à la diffusion d’informations factuelles : elle inclut également la possibilité de débattre, de critiquer et de remettre en question le pouvoir en place. En fermant C8, on risque d’instaurer une forme de censure moderne, où seuls les contenus validés par un pouvoir administratif centralisé (principalement ancré à gauche de l’échiquier politique) trouveraient leur place.

« La France est à un tournant. Cette majorité silencieuse dont on parle toujours vous voit (Cyril Hanouna, TPMP). Lorsqu’on a 300 chaînes de télévision en France, c’est-à-dire une telle richesse par rapport à l’époque de l’ORTF, le téléspectateur a le choix. Nous enlever la possibilité de choisir, c’est le bout du bout de la censure. »

Christine Kelly, journaliste de CNews et ancienne membre du CSA

Un appel à la mobilisation et à la résistance

Face à cette décision injuste, la mobilisation citoyenne est plus que jamais nécessaire. Les défenseurs de la liberté d’expression, qu’ils soient professionnels des médias, responsables politiques ou simples citoyens, doivent s’unir pour faire entendre leur voix. Cette lutte ne se limite pas à la défense d’une chaîne de télévision. Elle symbolise notre refus collectif de voir la liberté d’expression être réduite par des décisions arbitraires et centralisées. Il en va de l’avenir même du débat public dans le pays des Lumières.

La suppression de C8 et, par extension, de NRJ12, représente une menace réelle pour la diversité des opinions et pour le pluralisme qui caractérisent notre démocratie. Ce combat dépasse le cadre d’une bataille juridique ou économique : il s’agit de préserver notre droit fondamental à la libre expression et à la confrontation des idées.

Face à cette situation, il est essentiel de demander une plus grande transparence dans les décisions de régulation et de refuser toute forme de censure qui viendrait limiter la richesse de notre débat public. Ensemble, citoyens, professionnels des médias et responsables politiques, nous devons nous mobiliser pour que la voix de C8 continue de résonner (dans le groupe Canal et même ailleurs !) et que la liberté d’expression reste le socle de notre vie démocratique.

Pour conclure ce billet, je pense que nous sommes très loin d’en avoir fini avec cette affaire. Elle pourrait même concerner, de près ou de loin, les plus hautes instances de l’État Léviathan. À suivre…

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