Je vais être franc avec vous : j’adore le travail de Jean-Claude Golvin.

Ses dessins ont ce « quelque chose » qui interpelle n’importe qui (moi en particulier), ce « quelque chose » qui donne envie de les regarder longuement. Et ce « quelque chose » m’a fait aimer l’art, avec une fascination toute particulière pour l’histoire (principalement de France mais aussi d’ailleurs) et l’archéologie. Deux thèmes qui sont très chers à notre Golvinus national.

Pourtant, l’art n’a jamais été une forme de passion, ou en tout cas je n’avais jamais été vraiment attiré par cela auparavant. Il pouvait m’arriver de trouver une oeuvre d’art jolie, mais sans plus. Je jugeais cela quelque peu banal, sans grand intérêt. Peut-être qu’avec l’âge, j’ai pris goût.

C’est captivant sa manière de représenter des lieux et monuments qui, pour certains, ont disparu depuis des siècles. On ne regarde plus seulement des ruines ou les vestiges d’une civilisation passée. On découvre ce que ces lieux ont pu être, leur organisation, leurs bâtiments et l’environnement dans lequel vivaient les hommes et les femmes de l’époque.

J’avais donc envie de consacrer ce billet à cet artiste dont le travail occupe une place particulière dans mon parcours et qui mérite, à mes yeux, d’être découvert bien au-delà du cercle des passionnés d’histoire.

Jean-Claude Golvin, bien plus qu’un artiste

© Jean-Claude Golvin – Archéologie Nouvelle / Eric Deniset

Si son nom est aujourd’hui associé à de magnifiques reconstitutions du monde antique, le parcours de Jean-Claude Golvin ne se résume pas à celui d’un dessinateur.

Né en 1942 à Sfax, en Tunisie, il s’est formé à l’architecture avant de se consacrer également à l’histoire et à l’archéologie. Ses recherches et ses missions, notamment en Égypte, lui ont permis de développer une connaissance approfondie des monuments et des civilisations anciennes. Son intérêt pour l’architecture romaine et les amphithéâtres a notamment marqué son parcours.

C’est cette rencontre entre plusieurs disciplines qui rend ses œuvres si intéressantes. Derrière chaque aquarelle, il y a un regard d’architecte, une connaissance historique et un travail de restitution qui ne s’improvise pas.

Car reconstituer une cité antique ne consiste pas simplement à dessiner quelques temples, à ajouter des maisons et à colorer le tout. Sinon, cela serait bien trop facile vous ne trouvez pas ?

« Une restitution n’est pas une photographie exacte d’une époque disparue. »

Il faut comprendre comment les bâtiments s’organisaient, tenir compte du relief, étudier les vestiges disponibles et confronter les connaissances acquises aux hypothèses que les chercheurs peuvent formuler. Et croyez-moi, tout cela cumulé, c’est un travail titanesque…

D’ailleurs, il y a un point important à comprendre au sujet de son travail : une restitution n’est pas une photographie exacte d’une époque disparue. Certaines informations sont connues, d’autres restent incertaines. Le travail consiste à proposer une représentation cohérente à partir des informations disponibles, sans confondre ce que l’on sait avec ce que l’on suppose.

Cette exigence donne encore plus de valeur au résultat final. Il ne s’agit pas seulement de réaliser une belle image, mais de proposer une manière de comprendre notre patrimoine.

Ces aquarelles qui nous font voyager dans le temps

Ce qui me fascine particulièrement chez Jean-Claude Golvin, c’est sa capacité à nous faire voyager sans avoir besoin de quitter notre siège.

Aujourd’hui, une ville antique peut être synonyme de quelques vestiges. Sur place, il faut parfois un effort d’imagination considérable pour comprendre ce que l’on a devant soi. Où se trouvait telle rue ? À quoi ressemblait ce bâtiment ? Comment les habitants circulaient-ils dans la ville ? Quelle place occupait ce monument dans leur quotidien ?

Ses dessins nous aident à répondre globalement à ces questions.

« Le plus intéressant, c’est peut-être que l’on passe assez naturellement de l’admiration à la curiosité. Et c’est cette curiosité qui donne envie d’aller plus loin. »

Là où les pierres seules ne racontent parfois qu’une partie de l’histoire, ses restitutions proposent une vision d’ensemble. Les monuments retrouvent leur place, les rues reprennent vie et les bâtiments s’inscrivent dans un paysage. On commence à percevoir non seulement l’architecture, mais aussi la logique d’une ville et la manière dont elle pouvait fonctionner à l’époque.

Et c’est là que je trouve son travail particulièrement intéressant : il ne se limite pas aux grands monuments que l’on connaît déjà. Il nous invite aussi à regarder ce qui les entoure.

Un édifice ne vit jamais complètement isolé. Il appartient à une ville, à un territoire, à une époque. Le comprendre suppose de s’intéresser à tout ce qui l’entoure, et pas uniquement à sa façade.

J’aime aussi le soin apporté aux détails. Il y a toujours un élément à observer, parfois même après plusieurs regards. On peut se concentrer sur l’ensemble, puis revenir sur une partie du dessin et découvrir un élément auquel on n’avait pas prêté attention.

Personnellement, c’est ce qui me donne envie de m’attarder sur ses œuvres. Je ne cherche pas uniquement à admirer le résultat esthétique. J’ai aussi envie de comprendre ce qu’il représente et ce que cette image peut m’apprendre.

Le plus intéressant, c’est peut-être que l’on passe assez naturellement de l’admiration à la curiosité. Et c’est cette curiosité qui donne envie d’aller plus loin.

Notre-Dame de Paris : redécouvrir un monument pièce après pièce

© Puzzle PREMIUM Notre-Dame de Paris, par Jean-Claude Golvin – Archéologie Nouvelle / Eric Deniset

Cette envie de rendre le patrimoine accessible et ludique se retrouve également dans les puzzles réalisés en collaboration avec Archéologie Nouvelle, l’agence pour laquelle je travaille actuellement.

Je tiens particulièrement à évoquer celui consacré à Notre-Dame de Paris, car il illustre parfaitement la manière dont le travail de Jean-Claude Golvin peut se décliner dans des formats différents, sans perdre ce qui fait son intérêt. Ce puzzle de 1 000 pièces est réalisé à partir de l’une de ses aquarelles. Il représente une vue de Notre-Dame au Moyen Âge, au cœur de l’île de la Cité à Paris.

Ce que je trouve intéressant dans cette proposition, c’est que l’on ne se contente pas d’assembler les pièces d’un monument célèbre. On reconstitue progressivement une image de Notre-Dame replacée dans son environnement urbain. La cathédrale retrouve sa place dans un paysage historique plus large, qui invite à regarder Paris autrement.

Et puis, il y a le plaisir de voir l’image apparaître progressivement. Au début, on ne dispose que de fragments. On cherche les couleurs, les contours, les détails qui vont ensemble. On avance morceau après morceau jusqu’à ce que l’ensemble prenne forme.

« Ces objets offrent une autre manière d’entrer dans une œuvre, de prendre le temps de l’observer et, par la même occasion, de partager un moment chaleureux en famille ou entre amis. »

D’une certaine manière, il y a quelque chose de cohérent dans ce rapprochement entre le puzzle et le travail de restitution historique. Dans les deux cas, il faut observer, rapprocher des éléments et comprendre comment ils s’articulent pour former un tout.

La collaboration avec Archéologie Nouvelle permet également de proposer deux versions du puzzle : une version Standard et une version Premium. Cette dernière comprend notamment un dépliant faisant le lien avec les fouilles et les découvertes, effectuées par l’Inrap, lors de la restauration de Notre-Dame après l’incendie d’avril 2019. Un QR code donne également accès à une animation de l’œuvre, commentée par Jean-Claude Golvin et sous-titrée dans 20 langues différentes.

Ce qui est bien avec cette dimension pédagogique, c’est que l’illustration permet de remonter le temps, tandis que les contenus associés apportent un éclairage supplémentaire sur l’histoire du monument et les recherches qui l’entourent.

Ces objets offrent une autre manière d’entrer dans une œuvre, de prendre le temps de l’observer et, par la même occasion, de partager un moment chaleureux en famille ou entre amis.

Une collaboration qui donne une dimension particulière à mon admiration

© Jean-Claude Golvin – Archéologie Nouvelle / Eric Deniset

Si j’ai souhaité consacrer un article à Jean-Claude Golvin, c’est aussi parce que son travail a aujourd’hui une résonance particulière dans mon quotidien professionnel.

Je travaille en effet comme Social Media Manager chez Archéologie Nouvelle, qui collabore avec lui. Cette activité me donne l’occasion de participer, à mon niveau, à la mise en valeur de son travail et de contribuer à le faire découvrir à de nouveaux publics.

« Et si le travail de Jean-Claude Golvin peut toucher des personnes qui ne s’intéressaient pas particulièrement à l’archéologie auparavant, alors il y a quelque chose d’important à transmettre. »

Il y a évidemment une différence entre admirer une œuvre et travailler dans un environnement où l’on contribue à la faire connaître. Mais, dans mon cas, les deux dimensions se rejoignent assez naturellement. D’un côté, il y a mon intérêt personnel pour ses dessins et ce qu’ils m’inspirent. De l’autre, il y a la volonté de faire comprendre à d’autres personnes pourquoi ces œuvres méritent qu’on s’y attarde.

Je trouve cette perspective intéressante, car une œuvre ne vit pas uniquement au moment de sa création. Elle continue d’exister à travers les livres, les expositions, les reproductions, les projets éducatifs et les échanges qu’elle suscite.

Et si le travail de Jean-Claude Golvin peut toucher des personnes qui ne s’intéressaient pas particulièrement à l’archéologie auparavant, alors il y a quelque chose d’important à transmettre.

Des œuvres qui nous donnent envie de regarder plus loin

Il existe de nombreuses façons de raconter l’histoire : les livres, les musées, les documentaires, les vidéos en ligne, les visites de sites archéologiques, etc. Ils nous permettent d’en apprendre davantage sur les civilisations qui nous ont précédés.

Mais les aquarelles de Jean-Claude Golvin possèdent cette capacité particulière à nous faire voir ce qui n’est plus directement accessible à nos yeux. Elles rapprochent le passé de notre présent, sans faire disparaître la part de recherche et d’incertitude qui accompagne toute restitution historique.

Je ne prétends évidemment pas être un historien ou un archéologue. Aucunement même ! Mais je sais reconnaître le travail d’un artiste de talent dont les œuvres ont contribué à nourrir ma curiosité, et aussi à me donner davantage envie de les faire découvrir à un large public.

Jean-Claude Golvin fait partie de ces personnes dont le talent ne se mesure pas uniquement à la beauté de ce qu’elles réalisent, mais aussi à ce que leurs créations peuvent éveiller chez les autres. Pour moi, il a rendu l’art plus accessible et m’a donné encore plus envie de découvrir l’histoire et l’archéologie. Et c’est déjà beaucoup.

Avant de conclure ce billet de blog, je profite de cette occasion pour remercier infiniment Yves Milon, le neveu de Jean-Claude Golvin, qui m’a fait découvrir l’univers d’un homme passionnant et passionné.

Cher Mickaël,
Entrons sur ce chantier, le but est de favoriser le tien.
Construire n’est pas facile.
Avec mon amitié.
Jean-Claude Golvin

Mickaël Maia

Fondateur de « Eduq’IA », la plateforme en ligne pour acquérir les bonnes bases sur l’IA
Militant au sein du parti politique « Nouvelle Énergie »
Sociétaire « C’est qui le Patron ?! »
Social Media Manager et stratège digital

2 réponses à « Jean-Claude Golvin, un artiste qui nous rapproche du passé »

  1. Avatar de Jacques Verdeux
    Jacques Verdeux

    J’ai reçu votre article grâce à un contact sur Linkedin, merci pour cette découverte.

    J’aime

    1. Avatar de Mickaël Maia

      Merci à vous ! Je vous invite à consulter son site internet, ça regorge d’aquarelles dans sa galerie, sans oublier sa boutique en ligne. Vous trouverez peut-être une affiche ou un puzzle qui vous plait.

      J’aime

Votre commentaire